Quand on a commencé à préparer notre voyage à Sumatra, il y avait une expérience qui revenait sans cesse dans nos têtes : partir à la rencontre des Mentawai, aussi appelés “les Hommes-Fleurs”.
Une des dernières tribus du monde vivant encore de façon profondément connectée à la nature et aux traditions ancestrales.
Mais honnêtement… on a longtemps hésité.
Parce qu’on ne voulait surtout pas vivre ça comme des touristes venus “observer” une tribu.
On avait peur du voyeurisme. Peur de déranger. Peur aussi de participer à quelque chose qui ne nous semblait pas juste humainement.
Alors on a beaucoup échangé avec des personnes qui y étaient déjà allées. On a lu énormément de retours. Et à chaque fois, il revenait exactement les mêmes mots :
la rencontre, l’humain, le partage, l’authenticité.
Et aujourd’hui, après l’avoir vécu… on comprend complètement.
Cette expérience n’a rien eu d’un “zoo humain”.
Au contraire.
Ça a probablement été l’une des expériences humaines les plus marquantes qu’on ait vécues.
Après plusieurs heures de vol, deux escales à Doha puis Kuala Lumpur, on a enfin atterri à Padang à 15h40.
À la sortie de l’aéroport, un chauffeur nous attendait. Il avait été envoyé par notre premier logement : le The View Padang.
Et honnêtement… après autant d’heures de voyage, voir enfin l’océan et poser nos sacs là-bas, c’était un vrai soulagement.
À peine arrivés, on a eu droit à un coucher de soleil incroyable, avec vue sur la mer… et évidemment une Bintang à la main.
Le genre de moment où tu sens instantanément que le voyage commence vraiment.
L’occasion aussi pour Éric de sortir l’appareil photo et de capturer ses premiers clichés du voyage.
Très vite, on a aussi découvert toute la petite faune locale. Les énormes insectes, les sons partout autour de nous… et surtout ces petits geckos qu’on retrouve partout en Indonésie, accrochés aux murs et aux plafonds, notamment à Bali aussi.
Leur bruit est parfois complètement improbable la nuit, mais apparemment, ce sont de véritables alliés contre les moustiques.
Et forcément, après un aussi long périple, on commençait sérieusement à avoir faim.
On est donc partis manger dans le restaurant le plus proche, à environ 5 minutes à pied du logement : le Air Manis Hillside.
Alors dit comme ça, ça paraît simple… mais il fallait grimper à pied dans une pente assez raide, au milieu de la circulation, avec très peu de lumière.
Et honnêtement, ce soir-là, on était bien contents d’avoir nos lampes frontales avec nous.
On a vraiment très bien mangé dans ce petit restaurant hyper sympa.
Et surtout, on y a rencontré d’autres voyageurs qui parcouraient l’Asie avec leurs enfants depuis plusieurs mois.
C’est quelque chose qu’on adore quand on voyage : ces discussions improvisées avec des gens qu’on n’aurait probablement jamais croisés autrement.
On a partagé des souvenirs, des itinéraires, des conseils, des anecdotes de voyage… et comme souvent, les échanges étaient incroyablement enrichissants.
De retour au logement, on découvre un peu mieux l’endroit où on allait passer la nuit.
Il y avait une petite salle de bain avec toilettes. Ce n’était clairement pas le grand luxe ni un confort incroyable, mais honnêtement, c’était tout à fait correct.
On dormait dans une chambre avec un lit double et des lits superposés pour les garçons.
Alors je vais être honnête… moi, j’ai toujours cette petite angoisse des bébêtes quand on voyage dans ce genre d’endroits.
Je scrute un peu partout en arrivant. Mais bon, ça fait aussi partie du voyage et du fait de sortir de sa zone de confort.
Et finalement, tout s’est très bien passé.
C’était globalement propre et surtout, les gens étaient d’une gentillesse incroyable.
On a beaucoup échangé avec les personnes qui travaillaient sur place, notamment avec un des employés du logement, avec qui on a vraiment partagé de chouettes moments malgré la barrière de la langue.
Franchement, comme à chaque voyage, on a eu énormément de chance avec les garçons.
Ils ont été incroyables du début à la fin du trajet. Toujours hyper souples, curieux, capables de s’adapter à tout.
Je crois qu’on est tellement heureux et excités de partir découvrir le monde à chaque fois… qu’eux le ressentent aussi. Et finalement, ça se passe presque toujours très bien.
L'aventure commence, réveil à 4h30...
Le lendemain matin, réveil très matinal.
Je n’ai plus l’heure exacte en tête, mais il me semble qu’on est partis vers 5h du matin.
Clairement, le réveil piquait un peu.
On a pris un petit-déjeuner très rapide, surtout pour les enfants, avant qu’un chauffeur accompagné de notre guide pour les trois prochains jours vienne nous chercher direction le port de Padang.
C’est là que partent les bateaux de la compagnie Mentawai Fast Ferry.
L’embarquement était prévu à 7h.
Et honnêtement… quelle ambiance.
C’était impressionnant de voir autant de monde.
Beaucoup de locaux, quelques voyageurs et touristes aussi, tous mélangés dans cette espèce d’agitation très authentique.
Pour embarquer, on a dû traverser un premier ferry pour rejoindre celui situé derrière.
Nos gros sacs ont été empilés en hauteur avec ceux de tous les autres passagers, pendant que nous rejoignions nos places assises.
Le ferry en lui-même était immense, avec télévision à bord, vendeurs ambulants qui passaient dans les rangées pour proposer à manger ou à boire…
On nous a notamment distribué une brioche, et il était aussi possible d’acheter d’avoir du nasi goreng, ou d’acheter des boissons ou différents snacks.
Le trajet, lui, a été assez long… et surtout très mouvementé.
La mer était particulièrement agitée ce jour-là, au point que beaucoup de passagers ont été malades pendant la traversée.
Certaines personnes vomissaient autour de nous, l’ambiance était parfois assez impressionnante.
Mais en même temps… c’était exactement ce qu’on venait chercher aussi : le vrai voyage.
Le brut. L’authentique.
De mon côté, je suis sortie plusieurs fois à l’arrière du bateau avec les enfants pour prendre l’air.
Parce que les gros ferries fermés où on ne voit pas l’extérieur… clairement, ce n’est pas ce que je préfère.
Après plusieurs heures, le bateau a finalement fait une première escale à Sikabaluan.
Le temps pour nous de manger rapidement chez Ivo Culinary.
Au menu : une soupe beaucoup trop épicée pour les enfants et un nasi goreng.
Mais honnêtement, l’endroit était vraiment sympa.
On a encore pu échanger avec d’autres voyageurs, souffler un peu… et surtout se rafraîchir parce qu’il faisait une chaleur assez étouffante.
Puis on a repris le ferry pour encore quelques heures en direction de Maileppet.
Et enfin… on est arrivés.
À partir de là, l’aventure a pris une toute autre dimension.
On est montés à l’arrière d’un pick-up en direction du village de Muntei.
Et dès notre arrivée, on a été accueillis avec une chaleur humaine incroyable par une famille du village.
Très vite, SVEN et Karl se sont retrouvés à jouer avec les enfants du village, comme s’ils se connaissaient déjà depuis toujours.






Les habitants sont aussi des mentawais mais ils ne vivent plus dans la jungle.
Ce qu’on ne sait pas forcément avant de partir chez les Mentawai, c’est qu’une partie d’entre eux a été forcée de quitter la jungle dans les années 1970, lors des politiques de “modernisation” mises en place par le gouvernement indonésien.
Beaucoup ont alors été déplacés dans des villages, avec l’idée de les intégrer à une vie plus “moderne”, en abandonnant une partie de leurs traditions ancestrales.
Et paradoxalement, c’est aussi grâce à l’intérêt grandissant du monde extérieur — notamment avec le tourisme, le surf, les documentaires et les regards portés sur leur culture — que la pression a progressivement diminué au fil des années.
Cette visibilité a contribué à faire reconnaître la valeur de leur mode de vie et de leurs traditions.
Certains Mentawai ont alors choisi de retourner vivre dans la jungle pour retrouver leurs racines et leur fonctionnement ancestral.
D’autres, au contraire, sont restés au village, parfois parce qu’après plusieurs générations, leur vie s’y était construite autrement.
C’est justement cette dualité qui rend la rencontre très humaine quand on arrive là-bas.
On est loin d’une vision figée ou “folklorique” d’une tribu coupée du monde.
Après ce premier moment d’accueil, on partage une petite collation avec les locaux et d’autres voyageurs.
C’est aussi là qu’on laisse une partie de nos affaires, puisqu’elles seront gardées sur place pendant notre immersion dans la jungle.
On essaye de s’alléger au maximum et de ne prendre que l’essentiel : quelques vêtements, le matériel photo et vidéo, le drone… et évidemment notre trousse à pharmacie.
Ensuite, on nous prête des bottes en caoutchouc.
Enfin… “prêter”, oui, mais encore fallait-il trouver une pointure qui ressemblait vaguement à la nôtre.
Pour les enfants, heureusement, on avait anticipé et emporté leurs propres bottes avec nous.
Et après notre séjour, on les a laissées sur place pour les futurs petits aventuriers.
Une fois équipés, on marche quelques minutes jusqu’à la rivière.
C’est là qu’on rencontre Lajet, le petit-fils de Cookie, le chaman Mentawai mis en lumière dans un documentaire de Jean-Claude Pierri, décédé en 2024.
Le courant passe tout de suite.
Avec notre guide, on embarque alors sur une pirogue à moteur.
Et honnêtement… cette traversée reste gravée dans ma mémoire.
Naviguer sur cette rivière qui serpente au milieu de la forêt de Siberut, avec cette végétation dense tout autour… c’était une sensation complètement irréelle.
Le trajet est assez long, mais chaque minute vaut le détour.
Puis vient le moment où il faut quitter la pirogue.
Et là… les choses sérieuses commencent.
Il nous faut environ une heure de marche dans la jungle pour rejoindre l’Uma, la maison traditionnelle où nous allons dormir.
Et clairement… c’était sportif.
La forêt est extrêmement humide.
On avance sur des rondins de bois glissants, dans une boue parfois tellement profonde qu’on s’enfonce jusqu’aux genoux… voire jusqu’aux hanches à certains endroits.
On se tire les uns les autres pour ne pas rester coincés.
On glisse.
On rigole.
On galère aussi, honnêtement.
Mais c’est exactement ce qui rend cette expérience si folle.
En chemin, plusieurs femmes viennent à notre rencontre pour nous aider à porter certaines affaires et nous guider jusqu’à l’Uma de Lajet et de sa belle-famille.
La jungle est dense, très dense.
On n’a pas spécialement croisé d’animaux sauvages, mais énormément de végétation, d’insectes, de boue… et surtout pas mal d’arbres toxiques.
Il faut vraiment faire attention à où l’on pose les mains.
Sven a été incroyable tout au long de la marche.
Et Carl, lui, a alterné entre marche et moments où il se faisait porter par différents Mentawai, totalement à l’aise avec tout le monde, comme toujours.
Quand on arrive enfin à l’Uma, il commence déjà à faire presque nuit.
La maison est construite sur pilotis, entièrement en bois, avec une partie plus fermée servant de cuisine et une autre beaucoup plus ouverte.
On laisse nos bottes pleines de boue à l’entrée avant d’entrer.
Puis viennent les présentations.









On partage ensuite le repas tous ensemble, assis au sol sur des nattes en bois.
Et malgré la barrière de la langue, les échanges et les éclats de rire s’enchaînent naturellement.
Lajet parle très bien anglais, tout comme notre guide.
Certains Mentawai connaissent aussi quelques mots.
Et finalement, avec des gestes, des sourires et quelques traductions improvisées, on arrive toujours à se comprendre.
Avant d’aller dormir, on part se laver dans la rivière.
Sur le chemin, on s’était arrêtés un peu plus tôt dans une petite échoppe pour acheter quelques cadeaux : des biscuits, de la nourriture, des cigarettes…
Les Mentawai fument énormément et adorent ça.
On avait aussi pris des savons solides respectueux de la nature pour éviter de polluer la rivière.
Puis vient enfin le moment de dormir.
Et là encore, c’était une première pour nous.
On dort exactement comme les Mentawai : à même le sol, sur de très fins matelas de quelques centimètres d’épaisseur, protégés par une moustiquaire.
Et étrangement… pour la première fois du voyage, je n’avais pas spécialement peur des insectes ou des animaux qui pourraient entrer dans la maison.
À l’extérieur, on entendait les cochons, les coqs et les poules vivre tout autour de nous.
La jungle avait quelque chose d’à la fois brut… et profondément apaisant.
Le lendemain matin, dès les premières lueurs du jour, on est réveillés par le chant des coqs et les cochons que nourrit Lajet juste à côté de la maison.
Après un petit thé extrêmement sucré — les Mentawai adorent le sucre — on part avec Lajet et le chamane dans la forêt.
Et là commence une matinée absolument fascinante.
Ils nous montrent différentes plantes, des insectes, des champignons et plusieurs espèces vivantes utilisées dans leur quotidien.
On découvre notamment le sagoutier, un arbre essentiel dans leur mode de vie.
Ils l’abattent pour fabriquer une sorte de farine qui constitue une base importante de leur alimentation.
Certaines parties servent aussi à nourrir les cochons sauvages.
Et surtout… c’est dans cet arbre qu’on trouve l’une de leurs principales sources de protéines : les fameux vers du sagoutier.
Et honnêtement… oui, c’est exactement le genre de larves qui te donnent la même réaction que dans Koh-Lanta.
Le truc où tu te dis immédiatement :
“Jamais de ma vie je mange ça.”
On découvre ensuite un autre arbre au bois tendre dont ils extraient des fibres qu’ils tannent pour fabriquer leurs pagnes traditionnels.
Et forcément, on s’est un peu prêtés au jeu.
Cette matinée dans la jungle était incroyable.
En rentrant à l’Uma, le chamane commence alors à préparer le poison utilisé sur les flèches de chasse.
Les Mentawai sont des chasseurs.
Certains chassent les oiseaux, parfois des singes selon les régions, mais aussi leurs propres animaux.
La préparation est fascinante à observer.
Ils utilisent différentes plantes et substances naturelles, mélangées avec une précision impressionnante.
Le chamane nous explique qu’une seule goutte de ce poison pourrait tuer un enfant en moins de cinq minutes.
Il nous raconte aussi qu’avec le temps, les Mentawai sont habitués à manipuler ce poison, même s’ils restent extrêmement prudents.
Après le repas, un énorme déluge s’abat sur la jungle pendant plus de deux heures.
En quelques minutes, tout est inondé.
Et on comprend immédiatement pourquoi les maisons sont construites sur pilotis.
Pendant que la pluie tombe sans interruption, tout le monde se repose.
Dans la jungle, c’est vraiment la nature qui dicte le rythme de vie.
Pas d’horaires.
Pas de stress.
On vit au rythme du soleil, de la pluie et de la forêt.
Quand enfin la pluie cesse, les enfants partent faire du tir à l’arc traditionnel avec la fille de Lajet.
Et franchement… les voir jouer ensemble alors qu’ils ne parlent absolument pas la même langue, c’était incroyable.













Laijet est aussi tatoueur traditionnel.
Laijet en a profité ce matin fabriquer un morceau de bois qui servira de support pour tenir l’aiguille qui tatouera
Et en plus des souvenirs immenses qu’on allait ramener de cette expérience, on décide aussi de repartir avec quelque chose gravé dans la peau.
Même les enfants se font dessiner des motifs Mentawai pour nous imiter.
Pour moi, c’était évident depuis le début :
si l’occasion se présentait, je voulais me faire tatouer dans la jungle, de façon traditionnelle.
Pour Éric, en revanche… c’était beaucoup moins prévu.
Parce que les tatouages, ce n’était absolument pas son truc.
Enfin… ça, c’était avant la jungle.







Chaque soir, avant d’aller dormir, on allait aussi prendre une « petite douche »dans la rivière juste à côté de l’Uma.
Et c’était assez fascinant à observer parce qu’après les grosses pluies, l’eau devenait complètement trouble, presque marron par moments… puis quelques heures plus tard, elle redevenait parfaitement claire.
Pour revenir un peu plus sur la vie chez les Mentawai, il y a aussi plein de détails du quotidien qu’on découvre une fois sur place et qu’on ne réalise pas forcément avant.
Même si les hommes — et notamment le chamane — travaillent énormément, coupent du bois, fabriquent des objets ou partent dans la forêt, ce sont très souvent les femmes qui portent les charges les plus lourdes.
On les a vues transporter des paniers, des affaires, de la nourriture… parfois dans des conditions franchement impressionnantes.
Concernant leur mode de vie, il est assez différent de l’image que certains peuvent se faire.
Les Mentawai sont aujourd’hui souvent monogames.
Ils n’ont généralement qu’une seule épouse.
Mais leur spiritualité reste profondément animiste.
Ils vivent avec cette idée que la nature, les animaux, les éléments, les plantes et les esprits sont intimement liés à la vie quotidienne.
La forêt occupe une place centrale dans leur manière de voir le monde.
Ce qui nous a aussi surpris, c’est l’organisation familiale et les espaces de sommeil.
Les femmes et les enfants dormaient plutôt dans la partie intérieure de l’Uma.
Lajet dormait avec sa famille.
Et le chamane, lui, dormait dans le même espace que nous, à quelques mètres seulement.
Quant aux relations intimes, elles ont lieu dans une petite cabane extérieure à l’Uma.
Une sorte de petit espace à part, dédié au couple.
Et honnêtement… ça fait partie de ces détails culturels à la fois surprenants et fascinants quand on découvre une autre façon de vivre.
On a aussi passé beaucoup de temps avec les femmes Mentawai.
On les a aidées à cuisiner, préparer les repas, organiser certaines choses du quotidien.
Elles cuisinent énormément et passent beaucoup de temps autour du feu et de la préparation des aliments.
À un moment, elles sont aussi parties attraper des crevettes qui ont ensuite été cuisinées pour le repas.
Et contrairement à ce qu’on pourrait imaginer, leur alimentation est finalement assez variée.
Ils vivent beaucoup grâce à ce qu’ils trouvent dans la forêt, la pêche, leurs animaux, mais ils peuvent aussi rejoindre les villages pour acheter du riz, du sucre ou certains produits du quotidien.
Ils avaient aussi plusieurs animaux autour de l’Uma : un chat, un chien… et même un oiseau.
D’ailleurs, les oiseaux chanteurs en cage sont quelque chose qu’on a énormément vu partout à Sumatra.
C’est très courant en Indonésie.
On entend souvent leurs chants un peu partout dans les villages ou devant les maisons.
Les Mentawai adorent le contact humain, poser des questions, découvrir d’autres façons de vivre.
On a parlé de plein de choses : de notre quotidien, des enfants, de nos habitudes… mais aussi beaucoup de soins et de remèdes naturels.
J’ai aussi beaucoup échangé avec le chaman autour des plantes et des médecines naturelles grâce à Laijet.
À un moment, je lui ai proposé de tester de l’argile verte parce qu’il souffrait de douleurs au ventre.
Bon… clairement, il n’a pas adoré le goût.
Mais ce qui était intéressant, c’est qu’ils ne connaissent pas du tout l’argile chez eux.
Et surtout, j’ai réalisé quelque chose d’assez différent de ce que j’imaginais avant de venir.
Je pensais qu’ils avaient des plantes et des remèdes pour absolument tout.
Qu’ils vivaient presque uniquement grâce à leur pharmacopée naturelle.
Mais en réalité, ce n’est pas si simple.
Ils m’ont expliqué que pour certaines douleurs musculaires ou certains problèmes digestifs importants, ils n’avaient pas forcément de “solution miracle” même sils utilisent énormément de plantes et de techniques de massages.
Souvent, ils supportent.
Ou alors ils se mettent à la diète quand ils ont de grosses douleurs ou des diarrhées importantes.
Et finalement, ce qui rythme profondément leur quotidien, ce sont surtout les rituels, les traditions et la spiritualité liée au chamanisme.
Le lendemain matin, le réveil est assez bruyant.
Et surtout… on sait déjà que c’est probablement l’heure des adieux.
Avec ce genre de rencontre, il y a toujours ce moment un peu étrange où tu réalises qu’il y a très peu de chances que vos chemins se recroisent un jour.
Et malgré ça… tu t’attaches.
On ne connaît même pas réellement l’âge du chaman.
Les Mentawai ne connaissent pas forcément leur date de naissance exacte.
C’était aussi le cas de Cookie, le grand père de Laijet décédé en 2024, dont personne ne connaissait précisément l’âge.
Après les fortes pluies de la veille, le retour jusqu’à la pirogue est encore plus compliqué qu’à l’aller.
La boue est partout, on glisse énormément, la progression est difficile… mais on finit par rejoindre la rivière.
Laijet nous ramène ensuite jusqu’au village.
Puis vient le moment de dire au revoir à notre guide, qui repart lui vers Padang.
De notre côté, une nouvelle aventure nous attend : direction Sipora.









Cette aventure chez les Mentawaï restera sans aucun doute l’une des expériences humaines les plus fortes que nous ayons vécues.
Bien au-delà des paysages, c’est une rencontre avec une autre manière de vivre, de penser, de ressentir… une immersion qui nous a profondément marqués et qui laissera une trace durable en nous.
Et pourtant, cet article ne reflète qu’une infime partie de ce que nous avons vécu là-bas.
Il serait impossible de tout raconter en quelques lignes : les échanges, les émotions, les détails du quotidien, les moments de silence, les regards, les apprentissages… Il y aurait encore tellement à dire.
Nous avons volontairement essayé de résumer cette expérience au maximum, mais si vous souhaitez découvrir davantage d’images, de vidéos, de récits et de moments vécus sur place, vous pouvez retrouver tous nos posts et réels sur Instagram :
@lepetitmondedejane
Et comme toujours, je répondrai avec plaisir à vos questions en message privé ou en commentaire.
Une nouvelle aventure nous attend désormais… direction Sipora 🤍
